Cela fait maintenant plusieurs mois que tu t’es invité dans ma vie, toi mon algodystrophie.
Comme une histoire d’amour qui s’impose à moi, je n’ai d’autres choix que de t’accepter.

Alors comme dans les contes, tout commence par il était une fois :

Notre rencontre

Un accident de la vie, tu m’es tombé dessus par hasard, rien ne laisser présager notre rencontre au détour d’une marche.
En un éclair, tu t’imposes à moi, comme un coup de foudre qui laisse sans voix.
Tu as marqué ce jour-là au fer rouge.

Tout démarre par une phase chaude entre nous.
Comme un amant tu te caches, reste discret, te dévoile progressivement chaque jour un peu plus. Tu laisses planer le doute sur notre relation, chacun se demande si c’est bien toi, si tu t’installes, ou si tu ne fais que passer au loin sans t’arrêter.

Personne ne comprend notre relation, l’incompréhension se lit sur les visages. Nous faisons pourtant connaissance, je ne le sais pas encore mais tu fais déjà bien partie de ma vie, et l’on va faire un bout de chemin ensemble.

Comme un amant possessif

Tu exiges beaucoup de moi.
Pour garder le contrôle, ta meilleure arme est la douleur. Elle m’accompagne en permanence, sans répit. Tu m’enfermes dans ce corps douloureux, hantes mon corps et mon esprit, qui te sont devenus fidèles, malgré moi.

Tu as pris possession de mon corps et me rappelles à toi en permanence.  Je suis comme emprisonnée, je voudrais m’échapper. Alors pour me retenir, tu me couvres de cadeau : pilules de toutes les couleurs, bas, béquilles, et maintenant ce fauteuil.

On s’installe ensemble

Je commence à te connaître, tu me dévoiles tes côtés plus froid, plus glaçant. Notre vie est bien rythmée, calée sur un emploi du temps précis. Nous sortons beaucoup, rencontrons beaucoup de monde, qui étudie, analyse et tente de décrypter notre histoire.
Elle a fini par s’imposer aux autres, ils n’ont plus le choix, ils doivent reconnaître notre union.
Tu as maintenant un nom : Algodystrophie. Notre couple est enfin officiel, reconnu de tous.

Notre relation évolue

Chaque jour et chaque nuit, tu partages ma vie, notre vie commune évolue au fil des crises. Par chance, de temps en temps, tu m’accordes quelques heures pour souffler un peu. Tu lâches du lest à la douleur, mais c’est pour mieux reprendre les rênes ensuite. Tu mènes la danse et je n’ai d’autres choix que de suivre tes pas et ton rythme.

Beaucoup de monde gravite autour de nous, chacun à sa manière tente de nous séparer.
Mais tu t’accroches, tu ne te laisses pas faire, hors de question pour toi de partir comme ça, de me laisser maintenant.

Comme toute histoire d’amour

Il y aura une fin, en attendant on va faire un bout de chemin ensemble.

Mais je dois te l’avouer, plus il sera court, plus je t’en serais reconnaissante.
Tu es trop possessive pour moi, je ne peux m’épanouir dans ce type de relation toxique.

Et promis, le jour où tu me quittes, je ne t’en voudrais pas, bien au contraire, je ne verserais pas larme, je ne serais pas triste. Je reprendrais ma vie en main vers de nouveaux projets et cette fois à mon rythme.

 

Alors je te le dis à toi, mon algodystrophie,

surtout, n’hésites pas un seul instant, quitte-moi !