Je me suis levée un samedi matin, encore dans le brouillard. Comme chaque matin, j’allume la radio et la machine à café.

Bourdin, un samedi matin à la radio, me fait douter :

  • Me serais-je plantée de jour ?
  • Serions vendredi matin ?
  • Serais-je vraiment à la bourre ?

Non rien de tout cela, mais l’horreur là, à la radio.

Je suis restée sans voix, j’ai lu les réseaux sociaux, les médias en ligne pour tenter de comprendre.

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J’ai eu peur, une angoisse au plus profond de moi qui monte.

 

Comment vont mes proches à Paris ?

Il est 8h25, j’ai besoin d’entendre leur voix, tant pis si je les réveille, je ne peux pas rester dans cette angoisse (oui c’est égoïste, mais la peur est trop forte).

J’arrive à joindre ma soeur, je suis soulagée, elle va bien.

L’attente commence pour mon meilleur ami, qui ne répond pas.

J’essaie de contrôler mon angoisse, de me dire que c’est habituel chez lui de laisser trainer son téléphone en silencieux dans un coin de son appart. L’attente et l’angoisse prendront fin vers 15h. Je suis soulagée tous mes proches vont bien mais le malaise en moi reste là, au plus profond de moi.

 

Un samedi sans voix, il a pourtant fallu trouver les mots pour les enfants.

 

Ils ont interdiction de changer de chaine à la télé

Pourquoi ?

Car les images peuvent être violentes, car j’ai peur des images à la télé, car moi même je ne suis pas encore prête à voir les fusillades.

Je tente de trouver les mots, de leur expliquer. Je réponds à leurs questions, j’essaie de ne rien cacher.

J’essaie aussi de mettre aussi de l’espoir dans mes paroles, car ils sont l’avenir de notre pays, de nos valeurs.

 

Une journée de câlins aussi,

 

mamzine_HUG_nov_2015

Ce besoin de se rapprocher, de se retrouver, de se toucher. Les larmes coulent mais je veux garder aussi mon sourire pour mes proches, pour les gens que je croise même si je ne les connais pas.

Un dimanche matin, toujours sous le choc, mais arrive le besoin de poser des mots, d’écrire, de vivre, d’envoyer de l’amour, des câlins, des bisous.

Nous ne vivons pas au pays des bisounours, je le sais, mais ce matin je veux de l’amour, de la solidarité, de la bienveillance, pour faire face à cette horreur.

La peur, l’angoisse ne doivent pas prendre le dessus, plus facile à dire qu’à faire, mais nous devons garder la tête haute, se rappeler ce que nous avons ressenti le 11 janvier dans cette foule immense, unis face au pire.

#hug #solidarité #NousSommesUnis